1 · PROTÉINES
Canard cultivé : l'Australie et la Nouvelle-Zélande valident Gourmey
Samedi 24 octobre 2026 · 3 sources · 7 min de lecture
6 oct.
approbation par le conseil de FSANZ
60 j
délai des ministres pour demander une révision
17
contributions à la consultation publique
CE QUI S'EST PASSÉ
Le 6 octobre 2026, le conseil de Food Standards Australia New Zealand (FSANZ), l'autorité qui fixe les règles alimentaires des deux pays, a approuvé la demande A1341 déposée par Suprême SAS, qui commercialise sous le nom Gourmey. Elle concerne une biomasse de cellules de canard de Pékin, à utiliser avec d'autres ingrédients, par exemple dans du foie gras ou du pâté cultivés. La notification aux ministres a été publiée le 13 octobre : ils disposent de 60 jours pour demander une révision, et la modification du code alimentaire prend effet à sa publication officielle. FSANZ indique que l'analyse de risque n'a identifié aucun problème de santé publique ni de sécurité, ni pour la lignée cellulaire ni pour la biomasse. Selon vegconomist, la biomasse pourra être vendue en gros aux traiteurs et fabricants mais pas directement aux consommateurs, l'étiquette devra mentionner « cell-cultured » ou « cell-cultivated » et un emballage de détail ne pourra pas porter la mention « poultry meat ». Si la modification est confirmée, ce serait le deuxième aliment issu de cellules cultivées autorisé dans la zone, après la caille de Vow ; Parima, maison mère de la marque Gourmey, avait déjà obtenu un accord à Singapour en avril 2026. Aucune date de lancement n'est annoncée.
Que signifie « canard cultivé » ?
- 1Il s'agit de cellules d'une lignée de canard de Pékin, multipliées en laboratoire plutôt que prélevées sur un animal abattu. La biomasse est la masse de cellules obtenue ; le dossier s'appuie sur un procédé de 200 litres, que l'entreprise veut porter à 2 500 litres, selon vegconomist.
- 2L'autorisation vise la lignée évaluée et des usages précis : plats de restauration, aliments composés vendus au détail, vente en gros. Elle ne vaut pas pour un autre pays : selon le rapport de FSANZ cité par vegconomist, des demandes pour le canard ont aussi été déposées en Suisse, au Royaume-Uni et dans l'Union européenne.
- 3Le processus a deux temps : le conseil de FSANZ évalue et approuve, puis les ministres de la zone peuvent demander une révision dans les 60 jours. L'évaluation de FSANZ porte sur la sécurité sanitaire et l'étiquetage ; elle ne se prononce pas sur le goût, le prix ni l'intérêt du produit.
LES POINTS DE VUE
Le conseil a approuvé la demande sans modification du projet, après une consultation publique de quatre semaines (24 juin au 22 juillet), selon vegconomist. L’analyse de risque ne relève aucun problème de santé publique ni de sécurité.
autorité australo-néo-zélandaise · FSANZ
À propos de l’accord obtenu à Singapour, il dit que l’entreprise se concentre désormais sur la commercialisation, avec des produits sûrs et de qualité en volumes significatifs.
Nicolas Morin-Forest, directeur général · Food Ingredients First
Il a soulevé des inquiétudes sur les contrôles microbiologiques lors du passage à plus grande échelle et sur l’étiquetage ; il estime que le canard, contrairement à la caille, est une production agricole établie, dotée d’une filière nationale. Le conseil a approuvé le projet sans le modifier ; deux contributeurs s’y opposaient totalement.
producteur australien de canards · vegconomist
CE QUE ÇA CHANGE
Rien dans les assiettes françaises à ce stade : l'accord ne vaut que pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande, et aucune date de lancement n'est annoncée.
ET APRÈS ?
- 1
Les ministres ont jusqu’à environ le 12 décembre 2026 (60 jours après la notification du 13 octobre) pour demander une révision
- 2
sans demande, la modification entre en vigueur à sa publication officielle
