1 · ÉDUCATION
Lycées : Nuñez suspend les grenades assourdissantes pour le mouvement
Jeudi 8 octobre 2026 · 3 sources · 15 min de lecture
6 547
interpellations depuis le début
18
enquêtes confiées à l'IGPN
700+
policiers et gendarmes blessés
CE QUI S'EST PASSÉ
Mercredi 7 octobre, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé sur RTL la suspension de l'usage des grenades assourdissantes « pour le mouvement lycéen », après qu'un lycéen de 15 ans a eu une main arrachée lundi lors d'une manifestation à Lens (Pas-de-Calais), dans des circonstances qui restent à déterminer. Selon le maire de Wingles, commune où habite le jeune homme, il a été amputé de la main gauche et a reçu une greffe. Dans un télégramme daté de mardi, le directeur général de la police nationale avait déjà suspendu « à titre conservatoire » l'usage de la grenade assourdissante ASSD. L'IGPN, la « police des polices », a été saisie de dix-huit enquêtes, a indiqué le ministre. Selon l'AFP, 6 547 interpellations ont eu lieu depuis le début du mouvement, dont 488 mardi, et plus de 700 policiers et gendarmes ont été blessés.
Que décide, et que ne décide pas, cette suspension ?
La mesure vient du ministre de l'Intérieur : elle vise les grenades assourdissantes, uniquement pour le mouvement lycéen, et « tant que la lumière n'a pas été faite ». Elle ne dit rien de la responsabilité des forces de l'ordre : l'IGPN doit établir si le lycéen a ramassé la grenade ou si elle a atterri sur lui, et si le tir était réglementaire. La gauche réclame une interdiction plus large, grenades et lanceurs de balles de défense (LBD) compris, et le groupe socialiste annonce une proposition de loi contre les armes mutilantes face à des manifestations impliquant des mineurs.
- 5 OCT.Un lycéen de 15 ans a une main arrachée à Lens.
- 6 OCT.Télégramme de la police nationale : la grenade ASSD est suspendue « à titre conservatoire ».
- 7 OCT.Laurent Nuñez annonce la suspension sur RTL.
- 8 OCT.Nouvelle journée d'action lycéenne.
LES POINTS DE VUE
« Je suspends leur usage pour le mouvement des lycéens tant que la lumière n’a pas été faite sur ce qui s’est passé dans cette affaire »
ministre de l'Intérieur, sur RTL, mercredi 7 octobre · Le Temps, avec AFP
« Il aura fallu plusieurs enfants mutilés à vie pour que Nuñez renonce à utiliser des grenades contre des lycéens »
coordinateur national de LFI · Le Temps, avec AFP
« ces armes n’ont rien à faire face à une manifestation lycéenne »
président du groupe socialiste à l'Assemblée · Le Temps, avec AFP
CE QUE ÇA CHANGE
Les grenades assourdissantes ne sont plus utilisées face aux rassemblements lycéens le temps de l'enquête. Les circonstances de la blessure de Lens restent à établir : aucune responsabilité n'est établie à ce stade.
ET APRÈS ?
- 1
Poursuite des dix-huit enquêtes de l'IGPN
- 2
journée d'action lycéenne jeudi 8 octobre
- 3
dépôt annoncé d'une proposition de loi socialiste sur les armes mutilantes
