2 · RÉGULATION
Chine : Pékin veut contrôler l'exportation de 23 technologies d'IA
Mardi 20 octobre 2026 · 3 sources · 12 min de lecture
40
technologies au total, selon l'AP
23
technologies d'IA dans le projet
15/11
fin de la consultation publique
CE QUI S'EST PASSÉ
Le 16 octobre, le ministère chinois du Commerce et celui des Sciences et des Technologies ont publié un projet de mise à jour du catalogue des technologies dont l'exportation est interdite ou restreinte. Selon l'AP, il compte 40 technologies : 23 d'IA (grands modèles, agents, conceptions de puces, grappes de calcul), 12 de solaire et 5 de biomédecine ; Crypto Briefing en compte 14 interdites et 26 restreintes. Pour l'IA, selon Bloomberg cité par The Next Web, les poids et le code source seraient visés pour les modèles d'au moins 2 000 milliards de paramètres ou classés dans le top 10 mondial à des tests de performance ou de sécurité. Le projet ne nomme aucun modèle ; l'AP cite Kimi K3 (Moonshot) et Qwen 3.8-Max (Alibaba) comme dépassant ce seuil. Selon The Next Web, l'accès par application, site ou interface de programmation (API) resterait permis, et le code open source ainsi que les publications de recherche seraient exemptés. Faire tourner un modèle couvert sur des serveurs à l'étranger compterait comme une exportation, avec une licence accordée automatiquement aux entreprises qui l'exploitent sur leurs propres serveurs cloud à l'étranger. Un enregistrement préalable à l'export s'applique déjà depuis le 16 octobre.
Que veut dire « exporter » un modèle d'IA ?
Un modèle d'IA est un très gros fichier de nombres, les poids, appris pendant l'entraînement. Publier ces poids permet à n'importe qui de faire tourner le modèle chez soi : c'est ce qu'on appelle des « poids ouverts ». À l'inverse, un modèle accessible seulement par une API (une porte d'accès par internet) reste sur les serveurs de son éditeur. Le projet chinois traite surtout du premier cas : transférer les poids ou le code hors de Chine serait soumis à autorisation au-delà d'un certain niveau de performance. Précision : il s'agit d'un projet soumis à consultation, dont les seuils exacts restent à confirmer, et les sources divergent sur l'étendue des exemptions pour l'open source.
LES POINTS DE VUE
Un porte-parole juge la mesure « necessary » (nécessaire), selon l'AP. Selon The Next Web, elle vise à « prevent misuse and abuse » (prévenir les usages abusifs) et à « ensure that AI remains under human control » (garder l'IA sous contrôle humain) ; le ministère dit ne viser aucun pays ni aucune entreprise.
16 octobre · The Next Web
Il y voit une réponse aux exigences de souveraineté que des pays occidentaux imposent sur l'IA, la robotique et les télécoms, et un moyen de mieux réguler l'accès aux technologies chinoises.
cité par l'AP · dépêche AP via KSAT
Il note que l'IA est de plus en plus stratégique pour la Chine comme pour les États-Unis, et que le monde se fragmente aussi dans l'accès aux technologies.
cité par l'AP · dépêche AP via KSAT
CE QUE ÇA CHANGE
Pour un utilisateur, rien ne change : l'accès aux modèles par application ou API resterait permis selon le projet.
ET APRÈS ?
- 1
La consultation publique court jusqu'au 15 novembre
- 2
Le projet n'a pas de date d'entrée en vigueur connue
