1 · ENTREPRISES
Commerces pillés : chômage partiel à 100 % et fonds de soutien annoncés
Mardi 20 octobre 2026 · 5 sources · 14 min de lecture
3 000
commerces dégradés ou pillés (gouvernement)
100 %
de chômage partiel pris en charge
2,5 %
taux de la ligne d'urgence du Crédit Agricole
CE QUI S'EST PASSÉ
Samedi 17 octobre, la journée de mobilisation contre la cherté de la vie a donné lieu à des pillages et des dégradations de commerces dans plusieurs grandes villes. Lundi 19 octobre, à l'issue d'une cellule interministérielle de crise, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé « déclencher le chômage partiel dès demain », à 100 %, et la création d'un « fonds de soutien spécifique » pour la trésorerie des commerçants, sans en préciser le montant. Le ministre du Commerce, Serge Papin, évalue à au moins 3 000 le nombre de commerces touchés. Les estimations divergent : le président de CCI France, Alain Di Crescenzo, évoque plus de 2 000 commerces directement touchés et « des centaines de millions d'euros » de dégâts, et la Confédération des commerçants de France près de 1 500, un chiffre provisoire. Le gouvernement a engagé des discussions avec les assureurs pour accélérer les expertises. Le Crédit Agricole propose un moratoire sur les remboursements de crédits et une ligne de crédit d'urgence à 2,5 %, jusqu'à 20 000 euros, mobilisable sous 48 heures.
Comment le chômage partiel et l'assurance aident-ils un commerce saccagé ?
Le chômage partiel (ou activité partielle) permet à un employeur dont l'activité s'arrête de continuer à payer ses salariés, l'État finançant une partie de leur rémunération : en temps normal, 60 % du salaire brut selon LCP, contre 100 % annoncés ici. L'assurance rembourse les dégâts matériels (vitrines, stocks volés) selon le contrat, mais les pertes d'exploitation, c'est-à-dire le chiffre d'affaires perdu pendant la fermeture, ne sont couvertes que si la garantie a été souscrite. Entre la déclaration du sinistre et l'indemnisation, la trésorerie (l'argent disponible pour payer fournisseurs et loyers) peut manquer : c'est ce que visent le fonds de soutien, le moratoire bancaire et les acomptes demandés aux assureurs.
LES POINTS DE VUE
« Il n'est pas question qu'il y ait de la casse sociale dans cette affaire ».
Premier ministre · Challenges
Quatre magasins de l'enseigne ont été pris d'assaut ; Challenges titre sur l'évaluation du patron : « Les pillages nous ont coûté 1 million d'euros ».
Laurent Milchior, co-gérant · Challenges
« casser ou piller un commerce n'est pas manifester ».
Pierre Bosche, président · TPE Actu
CE QUE ÇA CHANGE
Pour les salariés des commerces fermés, le chômage partiel annoncé maintient la rémunération sans passer par un licenciement.
ET APRÈS ?
- 1
Un « conseil exceptionnel des entreprises » se réunit mardi 20 octobre à Bercy avec les ministres Jean-Pierre Farandou, Roland Lescure et Serge Papin
- 2
Le montant du fonds de soutien et ses conditions d'accès restent à préciser
