2 · ÉNERGIE
Électricité : 520 heures à prix négatif en France depuis janvier, et pourtant des factures en hausse
Dimanche 4 octobre 2026 · 4 sources · 11 min de lecture
520 h
de prix négatifs du 1er janvier au 27 sept.
−499 €
le 1er mai, en €/MWh (plancher : −500)
+2,5 %
tarif réglementé, moyenne au 1er août
CE QUI S'EST PASSÉ
Selon des données Bloomberg relayées par BFM et reprises par Capital et Orange ces derniers jours, le prix de gros de l'électricité en France a été négatif pendant environ 520 heures entre le 1er janvier et le 27 septembre 2026, soit 22 jours cumulés. Le 1er mai à 13h30, le prix spot est tombé à −498,65 euros le mégawattheure, près de la limite réglementaire de −500 (Capital, Orange, L'EnerGeek) ; l'AFP rapportait le même plancher en juin, avec 306 heures de prix négatifs au 27 mai selon RTE. Les totaux des années précédentes divergent selon les sources : 436 à 513 heures pour 2025, 352 à 361 pour 2024. Dans le même temps, le tarif réglementé de l'électricité a augmenté de 2,5 % en moyenne au 1er août, en raison de la hausse des coûts du réseau et de ceux nécessaires pour garantir assez d'électricité aux périodes de forte consommation (Capital).
Pourquoi un prix négatif, et pourquoi la facture ne baisse pas
- 1Le prix de gros. C'est le prix auquel les producteurs vendent l'électricité aux fournisseurs, heure par heure, selon l'offre et la demande. Une journée très ensoleillée ou ventée produit plus que les Français ne consomment.
- 2Pourquoi vendre à perte. L'électricité se stocke mal. Arrêter puis redémarrer une installation peut coûter plus cher que de continuer à produire à perte quelques heures (Capital, L'EnerGeek).
- 3Pourquoi la facture ne baisse pas. Une facture additionne le prix de l'énergie, le coût du réseau et des taxes. Le prix de gros n'en est qu'une partie, alors que le réseau et la garantie de capacité ont augmenté (Capital).
- 4Qui gagne, qui perd. Les producteurs sont payés moins, voire paient pour injecter. Les consommateurs qui peuvent décaler leur usage vers ces heures bénéficient de prix plus bas ; pour les autres, l'effet est faible.
LES POINTS DE VUE
Ces prix négatifs s'expliquent par « l'électrification des usages qui prend du retard et que la consommation électrique tarde à repartir à la hausse », selon RTE cité par Capital.
gestionnaire du réseau de transport d'électricité · Capital via Yahoo Finance
« On a complètement changé de monde », dit-il à l'AFP, en estimant que le système français est « beaucoup plus protégé aujourd'hui ».
directeur général économie, stratégie et finances de RTE, propos de juin · dépêche AFP via Connaissance des Énergies
« Les prix négatifs ne sont pas une surprise et des solutions existent pour y répondre. Ils sont le symptôme d'une situation où l'on manque de flexibilité. »
directeur des analyses de marché d'Engie, propos de mai 2025 · Capital via Yahoo Finance
CE QUE ÇA CHANGE
Pour les ménages, la facture dépend aussi du réseau et des coûts de capacité : le tarif réglementé a progressé de 2,5 % en moyenne au 1er août (Capital). Pour les producteurs, des heures de vente à perte s'ajoutent. Pour le système, le sujet porte sur la…
ET APRÈS ?
- 1
La suite dépend de l'électrification des usages et de la flexibilité de la consommation, selon RTE et Engie
- 2
Les données de fin d'année permettront de comparer 2026 aux années précédentes, dont les totaux publiés divergent
