1 · INDUSTRIE
HyPrSpace ouvre près de Bordeaux sa première usine de fusées, avant un premier vol prévu en 2027
Dimanche 4 octobre 2026 · 3 sources · 11 min de lecture
100
moteurs par an visés, soit 12 à 15 lanceurs
150
salariés de l'entreprise
CE QUI S'EST PASSÉ
Jeudi 1er octobre, la start-up spatiale bordelaise HyPrSpace a inauguré au Haillan, en Gironde, un site de production de 7 000 m² surnommé « la Boulangerie », en référence à son lanceur « Baguette One » (Reuters, Zone Militaire). Il comprend deux bâtiments, l'un pour fabriquer les pièces et tester, l'autre pour assembler les lanceurs (Zone Militaire, La Clé publique). L'entreprise vise jusqu'à 100 moteurs par an, soit de quoi équiper environ 12 lanceurs selon Reuters, et jusqu'à 15 lanceurs par an d'ici 2030 selon Zone Militaire. Son lanceur suborbital Baguette One n'a encore jamais volé : le ministère des Armées a indiqué en septembre qu'il volerait en 2027 depuis un site militaire de Biscarrosse, et deux essais au sol doivent encore le précéder (Reuters, La Clé publique). Reuters précise que le financement de l'entreprise est réparti à peu près à parts égales entre argent public et privé, dont une levée de 21 millions d'euros en 2025, et qu'elle n'a pas été retenue au premier tour du « European Launcher Challenge » de l'Agence spatiale européenne, auquel elle compte candidater de nouveau.
Comment une start-up de fusées peut-elle gagner de l'argent ?
- 1Vendre des lancements. Un lanceur est un service : un client (État, opérateur de satellites) paie pour mettre un objet en orbite. HyPrSpace vise des clients qui veulent un accès dédié à l'espace plutôt que de partager une grosse fusée, explique son PDG à Reuters.
- 2Une usine pour baisser le coût unitaire. Fabriquer en série, avec les mêmes méthodes, coûte moins cher par pièce que fabriquer des prototypes. L'entreprise attend aussi moins de pièces grâce à sa propulsion « hybride » (carburant solide, oxygène liquide), sans turbopompe (La Clé publique).
- 3Un financement mixte. Tant que la fusée n'a pas volé, l'entreprise ne facture pas de lancement : elle vit de levées de fonds et d'argent public (Reuters). Le CNES l'a retenue en 2024 parmi quatre opérateurs, avec des étapes pouvant interrompre le contrat si les jalons techniques ne sont pas atteints (La Clé publique).
- 4Le risque. Une usine ne prouve pas que la fusée fonctionne. Selon La Clé publique, c'est la capacité à fabriquer plusieurs moteurs identiques qui fera la preuve du passage à la série.
LES POINTS DE VUE
« Avec cette usine, nous posons les bases d'une nouvelle filière industrielle autour de la technologie de propulsion hybride. »
PDG de HyPrSpace · Zone Militaire
Le ministère a indiqué en septembre qu'un véhicule suborbital volerait en 2027 depuis un site militaire, une première depuis la France métropolitaine, rapporte Reuters. La DGA est impliquée dans le tir (Zone Militaire).
et Direction générale de l'armement · Reuters via Yahoo Finance
HyPrSpace ne figure pas parmi les cinq entreprises retenues au premier tour de sélection, selon La Clé publique ; Reuters indique que l'entreprise a l'intention de candidater de nouveau.
programme « European Launcher Challenge » · La Clé publique
CE QUE ÇA CHANGE
Pour le secteur, la France compte une entreprise de plus qui prépare une production en série de lanceurs. Pour les salariés, le site réunit développement, fabrication et assemblage ; les 150 salariés actuels y travaillent (Zone Militaire). Pour l'entreprise,…
ET APRÈS ?
- 1
Deux essais au sol doivent précéder le tir de Baguette One, prévu en 2027 depuis Biscarrosse (Reuters)
- 2
L'entreprise prévoit de se représenter au concours de l'Agence spatiale européenne
