2 · LIBERTÉS

Manifestations : Macron veut interdire celles qui ne sont pas syndicales

Vendredi 23 octobre 2026 · 6 sources · 16 min de lecture

Des jeunes brandissent des pancartes et un drapeau tricolore lors de la manifestation du 17 octobre à Paris
Des jeunes brandissent des pancartes et un drapeau tricolore lors de la manifestation du 17 octobre à Paris© FreCha · CC BY-SA 4.0

24/10

samedi sous la nouvelle consigne

48 h

au Conseil d'État pour statuer

1

recours déposé en référé-liberté

CE QUI S'EST PASSÉ

Jeudi 22 octobre, à l'issue d'un conseil de sécurité à l'Élysée consacré au renseignement et aux défaillances ayant précédé les violences du 17 octobre, Emmanuel Macron a déclaré que la recommandation générale était qu'il n'y ait pas de manifestation dans les jours à venir. Pour les cortèges déclarés par des organisations syndicales, les préfets proposeront des tracés alternatifs ; pour les autres, il a annoncé qu'on interdirait « partout où on le peut ». La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a précisé que les interdictions seraient décidées « au cas par cas », avec des recours possibles devant le tribunal administratif. À Paris, le cortège de l'intersyndicale entre Bastille et Nation est autorisé samedi ; celui des gilets jaunes et d'Interfac entre Bastille et Opéra est refusé. Les manifestations sont interdites à Lyon, à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône. Jeudi soir, l'Association de défense des libertés constitutionnelles et le Syndicat de la magistrature ont saisi le Conseil d'État d'un référé-liberté contre ces déclarations : ils invoquent une incompétence du président, une atteinte à la liberté de manifester et une discrimination entre organisateurs. Un conseiller de l'exécutif répond que le président reste dans ses prérogatives et que le préfet décide au regard de l'ordre public.

L'ÉCLAIRAGE

Qui peut interdire une manifestation ?

  1. 1La liberté de manifester est reconnue ; une manifestation peut être interdite si elle risque de troubler l'ordre public.
  2. 2Dans les villes à police d'État, seul le préfet décide : un maire ne peut pas interdire un cortège.
  3. 3Une interdiction se conteste en référé devant le tribunal administratif, puis devant le Conseil d'État, qui statue sous 48 heures.
  4. 4Selon le juriste John-Christopher Rolland (Paris Nanterre) : « Il n'y a rien dans la loi qui permet de distinguer une manifestation organisée par un syndicat ».

LES POINTS DE VUE

CE QUE ÇA CHANGE

Le gouvernement demande aux préfets d'interdire les manifestations non syndicales « partout où on le peut » ; la légalité de cette distinction est contestée devant le Conseil d'État.

ET APRÈS ?

  1. 1

    Le Conseil d'État dispose de 48 heures pour statuer sur le référé-liberté

  2. 2

    Samedi 24 octobre

    premier test de la consigne dans les villes concernées

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