1 · ÉTAT
Allocution de Macron : pas d'état d'urgence, les préfets décideront
Lundi 19 octobre 2026 · 5 sources · 19 min de lecture
8 min
d'allocution (8 min 40)
20 h
dimanche 18 octobre
CE QUI S'EST PASSÉ
Dimanche 18 octobre à 20 heures, au lendemain des violences en marge de la mobilisation du 17 octobre, Emmanuel Macron s'est adressé aux Français depuis l'Élysée, après avoir réuni le Premier ministre et les ministres concernés. Il a attribué les violences à « des factieux issus de groupuscules d'ultragauche, rejoints par de nombreux délinquants » et a apporté le « soutien de la nation » aux forces de l'ordre, aux maires et aux commerçants. Il n'a pas annoncé d'état d'urgence : les préfets prendront les décisions, en lien avec les maires, et pourront aller jusqu'à interdire certains rassemblements. Sébastien Lecornu présidera lundi une cellule de crise pour mobiliser des aides aux commerçants et artisans touchés. Le chef de l'État a demandé au ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, de « tirer toutes les leçons » en matière de renseignement et d'anticipation, et a dit comprendre l'« angoisse » des lycéens et des étudiants ; le Premier ministre réunira dans les prochains jours partis, syndicats et représentants des lycéens et des étudiants.
État d'urgence ou droit commun ?
Selon Public Sénat, l'état d'urgence élargit les pouvoirs de police administrative et permet notamment d'imposer des restrictions de circulation. Le droit commun permet déjà aux autorités d'interdire des manifestations qui menacent l'ordre public, rappelle le constitutionnaliste Benjamin Morel, pour qui l'outil relèverait davantage de « la communication » que de la nécessité. Emmanuel Macron avait lui-même écarté ce dispositif après la mort de Nahel, en 2023.
LES POINTS DE VUE
« Rien ne le justifie. Rien ne l'explique. Rien ne l'excuse. »
président de la République · franceinfo, avec AFP

Avant l'allocution, il demandait l'état d'urgence « sans délai » et un couvre-feu.
candidat à la présidentielle · Public Sénat

« Il faut des décisions. S'il se borne à du commentaire, ce serait dangereux. »
candidat à la présidentielle · Public Sénat

Avant l'allocution, il prédisait sur LCI que le président parlerait « pour nous occuper ».
candidat à la présidentielle · Public Sénat
CE QUE ÇA CHANGE
Le Premier ministre réunit les commerçants et les aides, puis les partis, syndicats et représentants des lycéens et des étudiants. Les préfets peuvent décider d'interdire des rassemblements localement.
ET APRÈS ?
- 1
Les personnes interpellées sont présumées innocentes tant qu'elles n'ont pas été jugées
- 2
Les mesures préfectorales et leur fondement juridique restent à préciser
