2 · SANTÉ PUBLIQUE
Cancer : une analyse du CIRC attribue environ 12 % des nouveaux cas de 2024 à des infections
Mardi 6 octobre 2026 · 4 sources · 13 min de lecture
2,3 M
nouveaux cancers liés à une infection en 2024
12 %
de tous les nouveaux cancers
3/4
dans des pays à revenu faible ou moyen
CE QUI S'EST PASSÉ
Le 28 septembre 2026, des chercheurs du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC, agence de l'OMS basée à Lyon) ont publié dans The Lancet Oncology une analyse de l'incidence mondiale. À partir des estimations de la base Global Cancer Observatory, ils attribuent environ 2,3 millions de nouveaux cancers de 2024, soit près de 12 %, à 12 agents infectieux. Helicobacter pylori arrive en tête (environ 760 000 cas, surtout des cancers de l'estomac), devant les papillomavirus humains (HPV, environ 750 000, surtout du col de l'utérus), le virus de l'hépatite B (environ 360 000), le virus d'Epstein-Barr (environ 260 000) et celui de l'hépatite C (environ 160 000). L'Asie de l'Est concentre 42 % de ces cancers, et plus des trois quarts surviennent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Il s'agit d'estimations par modélisation, non de comptages individuels.
Comment une infection peut-elle causer un cancer ?
Un cancer naît quand des cellules accumulent des anomalies de leur ADN et se multiplient sans contrôle. Certains microbes favorisent ce processus : une infection ancienne de l'estomac par la bactérie H. pylori entretient une inflammation, certains HPV insèrent des gènes dans les cellules du col de l'utérus, les virus des hépatites B et C abîment le foie pendant des années. « Attribuable » veut dire que, selon un calcul statistique, ces cancers n'auraient pas eu lieu sans l'infection ; ce n'est pas un diagnostic cas par cas. Des vaccins existent contre le HPV et l'hépatite B, et H. pylori comme les hépatites peuvent être dépistées et traitées. Aucune décision personnelle ne se prend sur cette base seule : le dépistage et la vaccination se discutent avec un professionnel de santé. « Our findings highlight the importance of infection control to achieve cancer prevention. » (« Nos résultats soulignent l'importance de la lutte contre les infections pour prévenir le cancer. ») Il relève que des vaccins efficaces n'existent pas encore pour certaines infections, comme le virus d'Epstein-Barr, ce qui oriente les futurs investissements en prévention (paraphrase du communiqué du CIRC).
LES POINTS DE VUE
« Our findings highlight the importance of infection control to achieve cancer prevention. » (« Nos résultats soulignent l'importance de la lutte contre les infections pour prévenir le cancer. »)
CIRC, The Lancet Oncology · CIDRAP
Il relève que des vaccins efficaces n'existent pas encore pour certaines infections, comme le virus d'Epstein-Barr, ce qui oriente les futurs investissements en prévention (paraphrase du communiqué du CIRC).
co-auteur senior, CIRC · communiqué du CIRC
CE QUE ÇA CHANGE
Pour les patients et les soignants, rien de nouveau dans les gestes : vaccination contre le HPV et l'hépatite B, dépistage et traitement de H. pylori et des hépatites.
ET APRÈS ?
- 1
Les auteurs appellent à étendre les mesures existantes et à développer des vaccins contre d'autres agents, dont le virus d'Epstein-Barr
- 2
Aucun calendrier n'est annoncé
