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2 · SANTÉ PUBLIQUE

Jeûne avant une prise de sang : peu d'écart entre 8 h et plus de 12 h

Samedi 10 octobre 2026 · 3 sources · 10 min de lecture

Prise de sang avec un dispositif à tubes (illustration)
Prise de sang avec un dispositif à tubes (illustration)© MatthewLammers · CC BY-SA 4.0

9,8 M

résultats d'analyses (9 755 547)

10

analyses dont l'écart dépasse le seuil de qualité (jeûne < 8 h)

+11 %

de glycémie, jeûne de moins de 8 h (10,8 %)

CE QUI S'EST PASSÉ

Une équipe sud-coréenne a publié début octobre 2026 dans JAMA Internal Medicine (premier auteur : Sunghwan Shin) une analyse rétrospective de 101 148 adultes suivis en consultation dans un hôpital universitaire de la région de Séoul, entre février 2021 et décembre 2023. Elle porte sur 9 755 547 résultats d'analyses. Les résultats sont classés selon le délai depuis le dernier repas : moins de 8 heures, 8 à 12 heures, plus de 12 heures. Quand on compare les mêmes patients à des jeûnes différents, 10 analyses dépassent le seuil d'écart acceptable : avec moins de 8 heures de jeûne, la glycémie est plus haute de 10,8 %, les triglycérides de 20,1 %, la lipase de 36,4 %, ainsi que la gamma-GT. Entre 8 à 12 heures et plus de 12 heures, aucune analyse ne dépasse ce seuil. Les auteurs concluent qu'au moins 8 heures de jeûne restent nécessaires pour la glycémie à jeun et le dépistage du diabète. Chiffres divergents : un relais de presse parle de 670 hôpitaux ; selon la description de l'étude, il s'agit d'un seul hôpital universitaire de 670 lits.

L'ÉCLAIRAGE

Pourquoi on demande de jeûner. Un repas fait monter temporairement la glycémie et les graisses du sang (triglycérides), ce qui peut fausser certaines mesures. D'où la consigne habituelle de jeûner 8 à 12 heures. Ce que l'étude apporte. Elle exploite des données de routine, sans avoir imposé de repas aux patients : c'est utile pour voir la vie réelle, mais le jeûne n'était pas vérifié, la composition des repas non contrôlée, le patient médian a 61 ans et un seul centre est concerné. Corrélation n'est pas causalité : c'est pourquoi les auteurs ont aussi comparé les mêmes personnes à des moments différents. L'étude ne dit pas si ces écarts changent un diagnostic ou un traitement.

Pourquoi on demande de jeûner. Un repas fait monter temporairement la glycémie et les graisses du sang (triglycérides), ce qui peut fausser certaines mesures. D'où la consigne habituelle de jeûner 8 à 12 heures. Ce que l'étude apporte. Elle exploite des données de routine, sans avoir imposé de repas aux patients : c'est utile pour voir la vie réelle, mais le jeûne n'était pas vérifié, la composition des repas non contrôlée, le patient médian a 61 ans et un seul centre est concerné. Corrélation n'est pas causalité : c'est pourquoi les auteurs ont aussi comparé les mêmes personnes à des moments différents. L'étude ne dit pas si ces écarts changent un diagnostic ou un traitement.

LES POINTS DE VUE

CE QUE ÇA CHANGE

Rien ne change tout de suite : la consigne à suivre est celle donnée par le médecin ou le laboratoire pour chaque analyse, et il ne faut pas modifier un jeûne prescrit de sa propre initiative.

ET APRÈS ?

  1. 1

    D'autres études, dans d'autres pays et avec un jeûne vérifié, seront nécessaires avant que les recommandations évoluent

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