← Santé du mercredi 21 octobre 2026Éclairage SantéSujet 2 sur 3

2 · CANCER

Cancer du rectum : la FDA approuve le dostarlimab pour certaines tumeurs

Mercredi 21 octobre 2026 · 5 sources · 11 min de lecture

Simulateur de coloscopie : un endoscope et l'image de l'intestin à l'écran (illustration)
Simulateur de coloscopie : un endoscope et l'image de l'intestin à l'écran (illustration)© CSIRO · CC BY 3.0

47 %

réponse complète soutenue 12 mois

154

patients traités, sans groupe témoin

≈ 3 %

des cancers rectaux concernés

CE QUI S'EST PASSÉ

Le 19 octobre, la FDA américaine a accordé une approbation accélérée au dostarlimab (Jemperli, du laboratoire GSK) seul, pour des adultes ayant un cancer du rectum de stade II ou III, localement avancé et jamais traité, dont la tumeur présente une anomalie de réparation de l'ADN (dite dMMR ou MSI-H). La décision s'appuie sur l'essai de phase 2 AZUR-1 (154 patients traités, jusqu'à neuf perfusions toutes les trois semaines) : sur 116 patients évaluables par une relecture indépendante, 47 % ont une réponse clinique complète soutenue pendant 12 mois, et 68 % selon les investigateurs (144 patients). Après plus de deux ans de suivi, près des trois quarts des patients n'ont eu besoin ni de chirurgie, ni de radiothérapie, ni de chimiothérapie (FDA). Les effets indésirables les plus fréquents sont la fatigue, l'éruption cutanée, la diarrhée et les démangeaisons ; 20 % des patients ont eu un effet indésirable grave (Pharmaceutical Executive). L'essai n'a pas de groupe de comparaison et la FDA précise qu'un suivi plus long est nécessaire pour connaître la durée des réponses.

L'ÉCLAIRAGE

Une immunothérapie à la place de la chirurgie : que prouve ce résultat ?

Le cancer du rectum. Il se traite en général par une combinaison de chimiothérapie, de radiothérapie et de chirurgie. L'anomalie dMMR / MSI-H. Certaines tumeurs ne savent plus réparer leur ADN. Selon la FDA, cela concerne environ 3 % des cancers du rectum localement avancés. Le médicament. Le dostarlimab bloque PD-1, une protéine des cellules immunitaires que le cancer utilise pour leur échapper. Les limites. Un essai sans groupe témoin ne permet pas de comparer avec les traitements habituels. Une « réponse clinique complète » signifie qu'on ne voit plus de tumeur à l'examen et à l'imagerie, pas qu'elle a forcément disparu. Les résultats par relecture indépendante (47 %) sont plus bas que ceux des investigateurs (68 %). Citation originale en anglais : la FDA agit sur des données émergentes pour apporter plus vite de nouvelles approches aux patients. L'agence rappelle que des études complémentaires sont nécessaires. Selon Pharmaceutical Executive, le dossier avait une date de décision prévue en février 2027 : la FDA a statué avec près de quatre mois d'avance.

LES POINTS DE VUE

CE QUE ÇA CHANGE

Aux États-Unis, une minorité de patients (environ 3 %) pourrait éviter chimiothérapie, radiothérapie et chirurgie si la réponse se maintient. En France, rien ne change aujourd'hui : cette décision ne vaut que pour les États-Unis.

ET APRÈS ?

  1. 1

    L'approbation est conditionnelle

    le laboratoire doit continuer à suivre les patients pour confirmer le bénéfice durable

  2. 2

    Aucune demande ni décision européenne n'est annoncée dans les sources consultées

Sujets complémentaires

ÉGALEMENT DANS L'ÉDITION SANTÉ DU JOUR

Vous avez décroché de l'actualité ? On reprend depuis le début.

Un sujet, son contexte, les faits et les différentes positions. Chaque matin, gratuitement, dans votre boîte mail.