3 · CHIRURGIE
Chirurgie abdominale lourde : l'index cardiaque individualisé sans bénéfice
Samedi 24 octobre 2026 · 3 sources · 14 min de lecture
1 095
patients analysés
44,3 %
complications à 7 jours (contre 46,9 %)
12
centres, 5 pays européens
CE QUI S'EST PASSÉ
Le 19 octobre 2026, JAMA a publié l'essai PELICAN, conduit par l'équipe de Bernd Saugel (hôpital universitaire de Hambourg-Eppendorf) dans 12 centres d'Autriche, du Danemark, d'Allemagne, d'Espagne et de République tchèque. Entre octobre 2023 et octobre 2025, 1 111 adultes à haut risque, opérés d'une chirurgie abdominale lourde programmée, ont été tirés au sort : 1 095 sont dans l'analyse principale, d'âge médian 67 ans. Dans un groupe, les anesthésistes ont ajusté liquides et médicaments pour maintenir le débit du cœur (index cardiaque) à la valeur de repos mesurée avant l'opération ; dans l'autre, ils ont suivi la prise en charge habituelle. Le critère principal (insuffisance rénale aiguë, atteinte du muscle cardiaque, infection grave, arrêt cardiaque ou décès dans les 7 jours) touche 44,3 % des patients du groupe individualisé et 46,9 % du groupe habituel (risque relatif 0,94, intervalle de confiance à 95 % de 0,83 à 1,08). La différence n'est pas significative. À 90 jours, la mortalité est de 5,7 % contre 2,8 % (risque relatif 2,06, intervalle de 1,13 à 3,78), un critère secondaire sans correction pour les comparaisons multiples, que les auteurs invitent à interpréter avec prudence.
L'index cardiaque. C'est la quantité de sang que le cœur envoie chaque minute, rapportée à la taille du patient. Pendant une grosse opération, l'anesthésiste cherche à ce que les organes reçoivent assez de sang et d'oxygène, en dosant perfusions et médicaments. L'idée testée. Viser pour chaque patient son propre niveau de repos, plutôt qu'une cible commune. Un essai pilote dans un seul centre avait suggéré un bénéfice. Ce que prouve ce type d'essai. Le tirage au sort rend la comparaison solide, mais l'essai est « en simple aveugle » : une partie seulement des personnes concernées ignorait le groupe attribué. La surmortalité à 90 jours est une piste à vérifier, pas une conclusion.
L'index cardiaque. C'est la quantité de sang que le cœur envoie chaque minute, rapportée à la taille du patient. Pendant une grosse opération, l'anesthésiste cherche à ce que les organes reçoivent assez de sang et d'oxygène, en dosant perfusions et médicaments. L'idée testée. Viser pour chaque patient son propre niveau de repos, plutôt qu'une cible commune. Un essai pilote dans un seul centre avait suggéré un bénéfice. Ce que prouve ce type d'essai. Le tirage au sort rend la comparaison solide, mais l'essai est « en simple aveugle » : une partie seulement des personnes concernées ignorait le groupe attribué. La surmortalité à 90 jours est une piste à vérifier, pas une conclusion. Ils concluent que ces résultats ne soutiennent pas ce traitement individualisé chez les patients à haut risque. Ils notent qu'augmenter l'index cardiaque n'augmente pas forcément l'apport d'oxygène, car les liquides perfusés diluent le sang (propos traduits et résumés).
LES POINTS DE VUE
CE QUE ÇA CHANGE
Pour les anesthésistes, l'essai ne soutient pas d'adopter cette stratégie individualisée pour la chirurgie abdominale lourde. Les patients n'ont rien à changer : les décisions d'anesthésie se prennent avec l'équipe qui les prend en charge.
ET APRÈS ?
- 1
Les analyses de sous-groupes et la piste de la mortalité à 90 jours demandent à être regardées dans l'article complet
- 2
D'autres stratégies de gestion du débit sanguin pendant l'opération restent à évaluer
