2 · AGRICULTURE
PAC après 2027 : les Vingt-Sept veulent de la souplesse, Bruxelles met en garde
Mardi 29 septembre 2026 · 4 sources · 13 min de lecture
26/10
accord visé à Luxembourg
14-17
Md€ de pertes liées à la sécheresse
2028
début du prochain budget européen
CE QUI S'EST PASSÉ
Lundi 28 et mardi 29 septembre, les ministres de l'Agriculture de l'UE, réunis à Bruxelles sous la présidence de l'Irlandais Martin Heydon, ont débattu de la politique agricole commune (PAC) après 2027. La plupart ont confirmé vouloir adopter une « approche générale partielle », c'est-à-dire une position commune sans le volet budgétaire, lors de leur prochain Conseil, les 26 et 27 octobre à Luxembourg. Restent disputés : la définition de l'agriculteur actif, les aides à la transition, le plafonnement et la dégressivité des aides. Pour trouver un accord, la présidence irlandaise propose de rendre la plupart de ces dispositifs volontaires. La ministre française Annie Genevard a demandé, selon Agence Europe, des budgets préservés et suffisants et des taux de cofinancement européen plus élevés. L'Autriche, la Slovénie, la Slovaquie et la Croatie ont aussi réclamé une aide face à la sécheresse de l'été, dont le préjudice est estimé par Bruxelles entre 14 et 17 milliards d'euros ; la réserve agricole de crise a déjà été mobilisée ce printemps pour la hausse du prix des engrais.
Trois mots pour suivre la négociation
Plafonnement : un montant maximal d'aides par exploitation. Dégressivité : des aides qui diminuent au-delà d'un certain montant. Les deux touchent surtout les grandes exploitations. Agriculteur actif : la définition de qui a droit aux aides, pour éviter de verser des fonds à des propriétaires qui ne cultivent pas. Si ces règles deviennent volontaires, chaque pays choisit de les appliquer ou non : les aides pourraient alors différer d'un État à l'autre pour des exploitations comparables. C'est ce que redoute la Commission. La PAC en bref →
LES POINTS DE VUE
« Or, cet objectif ne pourra être atteint si toutes les règles et interventions deviennent facultatives. »
commissaire européen à l'Agriculture · Agra
La PAC « ne doit pas être affaiblie », mais « dotée d'un financement fiable, capable de stabiliser les revenus et d'amortir l'impact des crises ».
au Conseil · Agra
Il rejette un plafonnement obligatoire dans sa forme actuelle et défend une PAC à deux piliers.
ministre allemand de l'Agriculture · Agence Europe
CE QUE ÇA CHANGE
Pour les agriculteurs, c'est le cadre des aides à partir de 2028 qui se dessine : qui y a droit, jusqu'à quel montant, et avec quelles marges laissées à chaque pays. Rien ne change pour la campagne en cours.
ET APRÈS ?
- 1
Examen technique les 30 septembre et 1er octobre, puis Comité spécial Agriculture les 5, 12 et 19 octobre, et Conseil des ministres les 26 et 27 octobre à Luxembourg
- 2
Le texte devra ensuite être négocié avec le Parlement européen
