Samedi 3 octobre 2026 · 3 sujets · 7 min de lecture

Éclairage Food & Bio

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SAMEDI 3 OCTOBRE 2026 Éclairage FOOD & BIO
Ce qu'on mange est en train de changer. On vous explique comment.
Une adresse, une culture, une filière : le contexte, les faits et ce qu'en disent les études.
Chaque jour, un nouvel éclairage sur le végétal, le bio et l'agriculture de demain.
EN 30 SECONDES
→Cadmium : le seuil dans les engrais passera de 90 à 20 mg/kg d'ici 2030, bien avant 2038 prévu au printemps.
→Sucre : le PLFSS 2027 déposé le 1er octobre prévoirait une taxe sur les produits sucrés transformés ; l'Ania s'y oppose.
→Miel : récolte 2026 estimée entre 18 000 et 33 700 tonnes selon l'organisation, en baisse après la chaleur.
AU MENU DU JOUR
1 · RÉGLEMENTATION
Cadmium dans les engrais : le seuil sera divisé par plus de quatre d'ici 2030
90
mg/kg autorisés
aujourd'hui
 
20
mg/kg
en 2030
 
2038
échéance du
projet de mai

Ce qui s'est passé. Vendredi 2 octobre, le ministère de l'Agriculture a annoncé que la teneur maximale en cadmium des engrais passera de 90 mg/kg aujourd'hui à 20 mg/kg en 2030. La baisse sera progressive : 60 mg/kg au 1er janvier 2027, ce qui correspond au niveau des normes européennes, puis 40 mg/kg en 2028. Le calendrier est plus rapide que celui du projet d'arrêté soumis à consultation publique au printemps, qui prévoyait d'atteindre la cible de 20 mg/kg au plus tard en 2038 (ce texte exprimait alors les seuils en mg/kg de P2O5). Le seuil de 20 mg/kg rejoint les recommandations de l'Anses.

L'ÉCLAIRAGE
Pourquoi le cadmium dans un engrais ?
Le cadmium est un métal lourd présent dans certains engrais. Il ne se dégrade pas : il s'accumule dans les sols, d'où l'attention portée aux apports répétés. Le seuil fixe la quantité maximale autorisée par kilogramme d'engrais (1 mg/kg = 1 millionième du poids). Attention aux unités : certains textes raisonnent en mg par kg de P2O5 (le phosphore contenu dans l'engrais), d'autres en mg par kg d'engrais, ce qui rend les chiffres difficiles à comparer d'un document à l'autre. Consultation →
LES POINTS DE VUE
POUVOIRS PUBLICS Ministère de l'Agriculture communiqué du 2 octobre
Le cadmium « constitue un enjeu sanitaire particulier en raison de sa toxicité et de sa capacité à s'accumuler durablement dans les sols »
Source : franceinfo →
Agriculteurs, fabricants d'engrais, associations : pas de réaction relevée à ce stade dans les sources consultées
CE QUE ÇA CHANGE
Pour les fabricants et les distributeurs d'engrais, la contrainte se resserre par paliers dès le 1er janvier 2027. Pour les agriculteurs, le changement passe par la composition des produits vendus, pas par la conduite des cultures.

ET APRÈS ?
Premier palier au 1er janvier 2027 (60 mg/kg), puis 2028 (40 mg/kg) et 2030 (20 mg/kg).
Des biscuits (illustration)
2 · RÉGLEMENTATION
Budget 2027 : une taxe sur les produits sucrés transformés dans le PLFSS
200 M€
recettes visées
(ministre)
 
23 000
entreprises
représentées par l'Ania
 
3211
numéro du
PLFSS déposé

Ce qui s'est passé. Le 28 septembre, l'Ania (industries alimentaires) a dénoncé dans un communiqué le projet d'une taxe sur les produits sucrés dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 ; l'entourage du Premier ministre a alors refusé de confirmer son existence, selon franceinfo. Le 30 septembre, le ministre du Commerce Serge Papin a déclaré sur LCI qu'une telle taxe faisait « partie des choses qui sont sur la table », avec un rendement visé de 200 millions d'euros selon LCP. Le PLFSS pour 2027 a été déposé à l'Assemblée nationale le 1er octobre (texte n° 3211) et renvoyé à la commission des affaires sociales. Selon Vidal, il prévoit une nouvelle taxe sur les produits transformés et emballés contenant des sucres ajoutés et des additifs, au taux croissant selon la teneur en sucres. Le texte intégral n'a pas été consulté pour cette édition : le barème exact est à confirmer.

L'ÉCLAIRAGE
Une taxe de plus ou un nouveau mécanisme ?
Une taxe sur les boissons sucrées existe déjà (la « taxe soda »). Il est ici question de l'étendre à des produits solides : biscuits, gâteaux, pâtes à tartiner, céréales du petit-déjeuner, d'après les médias cités. Le PLFSS fixe les recettes et les dépenses de la Sécurité sociale pour l'année suivante ; les parlementaires peuvent le modifier par amendements, ce qui explique que le montant final puisse différer de celui annoncé.
LES POINTS DE VUE
POUVOIRS PUBLICS Serge Papin ministre du Commerce, sur LCI
« Je ne suis pas pour les taxes », mais il y a un « enjeu » sanitaire, car « il y a trop d'obésité, trop de diabète »
Source : franceinfo (avec AFP) →
FILIÈRE / INTERPROFESSION Ania communiqué
Cette taxe « se retrouvera inévitablement dans les rayons et frappera de plein fouet le pouvoir d'achat des Français »
Source : franceinfo (avec AFP) →
Associations de santé, de consommateurs, groupes parlementaires : pas de réaction relevée dans les sources consultées
CE QUE ÇA CHANGE
Si la mesure est adoptée, elle viserait des produits vendus en supermarché ; l'Ania estime qu'elle se répercuterait sur les prix, ce que le gouvernement n'a pas confirmé.

ET APRÈS ?
Examen du PLFSS par la commission des affaires sociales de l'Assemblée ; le calendrier précis n'était pas indiqué dans les sources consultées.
Un pot de miel et une cuillère à miel (illustration)
3 · FILIÈRE
Miel 2026 : une récolte en baisse, deux estimations qui divergent
18 000
tonnes, bas de la
fourchette Unaf
 
33 700
tonnes selon
InterApi
 
40 000
tonnes
consommées par an

Ce qui s'est passé. L'Union nationale de l'apiculture française (Unaf) estime la production de miel 2026 entre 18 000 et 20 000 tonnes, contre 23 000 à 25 000 tonnes en 2025. L'interprofession InterApi avance un chiffre nettement plus élevé, environ 33 700 tonnes, soit 5 000 de moins que l'année précédente : les deux organisations ne comptent donc pas la même chose ou ne l'estiment pas de la même façon, ce que les articles consultés n'expliquent pas. Elles s'accordent sur la cause : après un hiver doux et humide et une bonne floraison de printemps (colza, fleurs sauvages), les canicules qui ont débuté fin mai et la sécheresse persistante ont réduit les récoltes d'été. Le tournesol, le sapin et la bruyère ont donné peu ou rien ; l'acacia, le tilleul et le miel de montagne ont mieux résisté selon l'Unaf. La consommation française est d'environ 40 000 tonnes par an, couverte par des importations.

L'ÉCLAIRAGE
Pourquoi la chaleur réduit-elle le miel ?
Une abeille fabrique le miel à partir du nectar des fleurs. Quand la sécheresse et la chaleur limitent la floraison, il y a moins de nectar à butiner et les colonies produisent moins. Autre précision utile : une « production » de miel est une estimation faite par des organisations professionnelles, pas un recensement officiel, d'où les écarts de méthode possibles entre l'Unaf et InterApi.
LES POINTS DE VUE
FILIÈRE / INTERPROFESSION Unaf Union nationale de l'apiculture française
L'Unaf redoute « de graves mortalités à la sortie de l'hiver » et demande des aides publiques pour les exploitations fragilisées
Source : Pleinchamp →
Pouvoirs publics, InterApi (hors chiffres) : pas de réaction relevée dans les sources consultées
CE QUE ÇA CHANGE
Sur les étals, l'effet sur les prix n'est pas documenté dans les sources consultées. Pour les apiculteurs, une année basse fragilise les trésoreries avant l'hiver.

ET APRÈS ?
Le Congrès européen de l'apiculture se tient à Agen du 1er au 4 octobre 2026.
À VENIR
17-21
OCT.
SIAL Paris, salon international de l'alimentation, Paris Nord Villepinte.
1ER
JANV.
Cadmium : premier palier à 60 mg/kg dans les engrais.
Sources : SIAL Paris · franceinfo
LE LEXIQUE DU JOUR
mg/kg
Milligramme par kilogramme : une teneur. 20 mg/kg correspond à 20 millionièmes du poids du produit.
PLFSS
Projet de loi de financement de la Sécurité sociale, voté chaque automne par le Parlement.
Interprofession
Organisme qui réunit les acteurs d'une même filière, ici InterApi pour les produits de la ruche.
Ania
Association nationale des industries alimentaires, qui représente environ 23 000 entreprises.
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Photos : Wikimedia Commons.

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