1 · TRAITEMENT
Retatrutide : un essai de phase 3 mesure jusqu'à 18,8 % de perte de poids en 80 semaines chez des adultes diabétiques et obèses
Jeudi 1 octobre 2026 · 5 sources · 13 min de lecture
1 152
adultes, diabète de type 2
−18,8 %
poids à 80 sem. (dose 12 mg)
−5,1 %
poids sous placebo
CE QUI S'EST PASSÉ
Le 29 septembre, au congrès de l'Association européenne pour l'étude du diabète (EASD) à Milan, le laboratoire Eli Lilly a présenté les résultats de l'essai TRIUMPH-2, publiés le même jour dans The Lancet. Cet essai de phase 3, en double aveugle (ni les participants ni les médecins ne savent qui reçoit quoi) et contre placebo, a suivi 1 152 adultes en surcharge pondérale ou obèses et atteints de diabète de type 2, pendant 80 semaines. Le retatrutide est une injection qui agit sur trois récepteurs hormonaux (GIP, GLP-1 et glucagon). À la semaine 80, la variation moyenne du poids était de −11,9 %, −16,8 % et −18,8 % pour les doses de 4, 9 et 12 mg, contre −5,1 % avec le placebo (Pharmacy Times). Lilly communique 20,8 % pour la dose de 12 mg et 23,4 % chez les participants dont l'indice de masse corporelle dépasse 35 ; l'écart semble tenir à la méthode d'analyse, que nous n'avons pas pu vérifier dans l'article lui-même, dont l'accès intégral a été refusé. L'HbA1c, indicateur de la glycémie, baisse d'environ 1,4 à 1,6 point contre 0,2 sous placebo. Avec 12 mg, la diarrhée touche 33,6 % des participants (13,2 % sous placebo) et les nausées 28,0 % (8,0 %) ; 7,7 % ont arrêté pour effets indésirables, contre 4,9 % sous placebo. Sept décès sont survenus, jugés sans lien avec le traitement (Scientific American).
Que prouve un essai de phase 3 contre placebo ?
- 1Une phase 3 est un grand essai comparatif mené avant une demande d'autorisation. Le tirage au sort et le placebo permettent d'attribuer l'écart observé au médicament plutôt qu'au hasard.
- 2Les pourcentages sont des moyennes : certains participants perdent davantage de poids, d'autres moins.
- 3L'essai compare au placebo, pas à un autre médicament : on ne peut pas en déduire qu'il fait mieux ou moins bien qu'un autre traitement. Son financeur est aussi son fabricant.
LES POINTS DE VUE
« Results such as these may change what we set out to achieve with a single therapy for adults living with type 2 diabetes and obesity » (« De tels résultats pourraient changer ce que l'on cherche à obtenir avec un seul traitement chez les adultes atteints de diabète de type 2 et d'obésité »), Juan P. Frías, Los Angeles Institute for Metabolic Research, cité dans le communiqué de Lilly.
a conduit et financé l'essai · communiqué d'Eli Lilly
« people with type 2 diabetes tend to lose less weight on GLP-1 drugs than people without diabetes do » (« les personnes atteintes de diabète de type 2 ont tendance à perdre moins de poids sous médicaments de type GLP-1 que les personnes sans diabète »). Il a aussi souligné qu'une perte de poids rapide augmente le risque de calculs biliaires et de carences en micronutriments. Il a déjà été consultant pour Eli Lilly.
université du Michigan, non impliqué dans l'essai · Scientific American
CE QUE ÇA CHANGE
Pour les patients et les soignants, rien ne change aujourd'hui : ce sont des résultats d'essai, et aucune décision d'autorisation n'a été relevée dans les sources consultées. Toute décision de traitement se prend avec un professionnel de santé.
ET APRÈS ?
- 1
Les autorités de santé devront examiner l'ensemble du dossier avant tout usage éventuel
- 2
Les effets digestifs et les arrêts de traitement font partie des points à suivre
