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Prothèses de hanche et de genou : la chirurgie assistée par robot ne réduit pas les réinterventions, selon deux études du BMJ

Lundi 5 octobre 2026 · 5 sources · 14 min de lecture

Un bâtiment hospitalier (illustration)Un bâtiment hospitalier (illustration)

10 203

prothèses de hanche posées par robot

22 111

prothèses de genou posées par robot

2,5 ans

de suivi moyen

CE QUI S'EST PASSÉ

Le 1er octobre 2026, le BMJ a publié deux études sur la pose de prothèses de hanche et de genou avec ou sans assistance robotique. L'équipe, menée par Hasan Mohammad (Queen Mary University of London, avec les universités d'Oxford et de Bristol), a analysé le registre national des prothèses du Royaume-Uni entre 2018 et 2024 : 666 283 prothèses de hanche (dont 10 203 par robot) et 697 145 prothèses de genou (dont 22 111 par robot). Les patients opérés avec et sans robot ont été comparés après ajustement sur l'âge, le sexe, l'indice de masse corporelle, le diagnostic, l'état de santé, le type d'implant et le volume d'activité du chirurgien. Le suivi moyen est de 2,5 ans. Les auteurs ne rapportent aucune différence sur la durée de vie de la prothèse, le risque global de réintervention ou les complications. Une exception : le robot est associé à un risque plus faible de réintervention liée à un mauvais positionnement de l'implant à la hanche.

L'ÉCLAIRAGE

Comparer sans tirage au sort : ce que cela permet

L'opération : pour une prothèse de hanche ou de genou, le chirurgien remplace l'articulation usée par un implant. Avec un robot, il suit un plan en 3D et l'instrument est guidé pendant la coupe de l'os ; c'est le chirurgien qui opère. Pourquoi cette étude n'est pas un essai randomisé : les patients n'ont pas été tirés au sort. Les auteurs ont donc recréé statistiquement un essai (« émulation d'essai cible ») en comparant des groupes proches. Cela réduit les biais mais ne les supprime pas : des facteurs non mesurés peuvent jouer, et les auteurs le reconnaissent. Pourquoi 2,5 ans de suivi compte : une prothèse est faite pour durer des années. Un suivi court peut ne pas voir des différences qui apparaîtraient plus tard. Le coût : selon le communiqué du BMJ, un robot représente environ 1 million de livres d'investissement, plus 1 000 à 2 500 livres par patient, alors que le NHS prévoit de multiplier par sept la chirurgie robotique d'ici 2035. « New technology should deliver meaningful benefit for patients and represent good value for a publicly funded health service. » (« Une nouvelle technologie doit apporter un bénéfice réel aux patients et un bon rapport qualité-prix pour un système de santé financé par l'argent public. »)

LES POINTS DE VUE

CE QUE ÇA CHANGE

Pour les patients qui doivent être opérés, ces données ne montrent pas, à 2,5 ans, de bénéfice du robot sur la réintervention ou les complications. Le choix de la technique se discute avec le chirurgien. Pour les hôpitaux, la question du coût se pose : les…

ET APRÈS ?

  1. 1

    Les auteurs signalent que les essais RACER, qui comparent les résultats fonctionnels rapportés par les patients, apporteront des données complémentaires

  2. 2

    Un suivi plus long du registre permettra de juger la durée de vie des prothèses

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