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Ménopause : les ovaires changent encore pendant des décennies
Mercredi 14 octobre 2026 · 4 sources · 13 min de lecture
28
ovaires de femmes ménopausées
5 812
groupes de protéines analysés
50-75
ans, âge des femmes
CE QUI S'EST PASSÉ
Des équipes de la Northwestern University (Feinberg School of Medicine) et du Buck Institute ont publié le 14 octobre dans la revue Aging Cell l'analyse des protéines de tissu ovarien normal, prélevé chez 28 femmes ménopausées de 50 à 75 ans, sans cancer. Elles ont mesuré 5 812 groupes de protéines. Chez les femmes de 50 ans environ, les ovaires contiennent davantage de protéines qui maintiennent la structure des cellules et des tissus ; chez celles de 70 ans et plus, davantage de protéines liées à l'inflammation, à l'activité immunitaire et au remodelage du tissu. Certaines signatures évoquent la sénescence, c'est-à-dire le vieillissement des cellules. Des protéines associées au cancer de l'ovaire sont plus abondantes surtout chez les femmes d'une soixantaine d'années, sans cancer dans le tissu étudié. Le travail est financé par le programme Senescence Network du Common Fund des NIH ; le communiqué ne mentionne pas de conflit d'intérêts. Une version préliminaire (préprint) existait depuis mars.
Que veut dire « les ovaires restent actifs » ?
La ménopause marque l'arrêt des règles et de l'ovulation. Ici, il n'est pas question d'ovulation mais de protéines : la protéomique dresse l'inventaire de celles qui sont présentes dans un tissu. Elle montre que l'ovaire change encore après la ménopause, pas que ces changements sont utiles ou nocifs. Les femmes comparées ont des âges différents, on ne suit pas les mêmes ovaires dans le temps : on ne peut donc pas parler de cause. Et 28 ovaires, c'est un petit échantillon, dans un tissu difficile à obtenir. Les protéines liées au cancer sont un signal moléculaire, pas un diagnostic de cancer ou de lésion précancéreuse. Francesca Duncan (Northwestern) : « We do not yet know if there's ever a point in a woman's life when this organ is no longer beneficial » (citations en anglais). Les chercheuses précisent que l'étude ne dit pas s'il faut retirer des ovaires sains après la ménopause.
LES POINTS DE VUE
CE QUE ÇA CHANGE
Rien ne change pour la pratique : l'étude ne dit pas si ces modifications sont bénéfiques ou nocives, et elle ne justifie ni de conserver ni de retirer des ovaires sains. Toute décision à ce sujet se prend avec un professionnel de santé.
ET APRÈS ?
- 1
Les auteures veulent savoir si, et à quel moment de la vie, l'organe cesse d'être utile
- 2
Un échantillon de 28 ovaires est petit
d'autres cohortes seraient nécessaires pour confirmer ces profils
