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Vaccin : le microbiome intestinal influence la fièvre après l'injection
Dimanche 18 octobre 2026 · 4 sources · 11 min de lecture
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adultes en bonne santé (selon News-Medical)
Souris
microbiomes humains transférés
ARNm
vaccin contre le Covid-19, 2021 et 2022
CE QUI S'EST PASSÉ
Le 8 octobre 2026, la revue Science a publié une étude de Kelsey Huus et Ruth Ley (Institut Max-Planck de biologie, Tübingen), avec l'Institut Pasteur et l'Inserm. Dans l'étude µHEAT, de jeunes adultes en bonne santé vaccinés contre le SARS-CoV-2 en 2021 et 2022 ont fourni des échantillons de selles et de sang et relevé leur température autour de l'injection. Avant le vaccin, les microbiomes des personnes qui ont fait le plus de fièvre exprimaient davantage de gènes bactériens liés au mouvement, notamment ceux du flagelle, et ces personnes avaient un état inflammatoire de base plus marqué. Chez des souris sans microbes intestinaux, l'apport de ces microbiomes a provoqué une inflammation plus forte après vaccination, en partie via la détection de la flagelline. Une alimentation riche en fruits et légumes est associée à moins de fièvre. Certains additifs alimentaires ont augmenté la production de flagelline en laboratoire, et un régime occidental riche en graisses a aggravé les réponses inflammatoires chez la souris. Selon News-Medical, ni la flagelline ni l'inflammation ne modifient les réponses en anticorps.
Corrélation, souris, assiette : trois niveaux de preuve
La flagelline est la protéine du « fouet » (le flagelle) que certaines bactéries utilisent pour se déplacer. Le système immunitaire la repère, ce qui déclenche de l'inflammation, dont la fièvre est une manifestation fréquente après un vaccin. Chez l'humain, l'étude montre une association : les personnes qui ont fait plus de fièvre avaient un microbiome particulier avant l'injection, ce qui ne prouve pas à lui seul que ce microbiome en soit la cause. Le transfert à la souris apporte un argument de causalité, mais un résultat chez la souris ne se transpose pas automatiquement à l'humain. Quant au rôle de l'alimentation, il n'a été testé que chez la souris et en laboratoire : les auteurs disent eux-mêmes que des études d'intervention chez l'humain sont maintenant nécessaires.
LES POINTS DE VUE
« microbial flagellin is one contributor to this baseline immune state »
directrice du département de science du microbiome, Institut Max-Planck · Institut Pasteur
« components of an industrialized diet may promote the growth of flagellated gut bacteria »
directeur de recherche Inserm, Institut Pasteur · Institut Pasteur
« Diet, microbial ecology, and the metabolic state are not immutable »
auteur de la Perspective associée dans Science · News-Medical
CE QUE ÇA CHANGE
Rien ne change pour la vaccination : cette étude ne justifie ni de changer d'alimentation ni de renoncer à un vaccin. Elle ouvre une piste pour comprendre pourquoi les réactions varient d'une personne à l'autre.
ET APRÈS ?
- 1
Les auteurs demandent des études d'intervention chez l'humain pour savoir si modifier l'alimentation change la production de flagelline et la fièvre
- 2
L'étude ne porte que sur le vaccin à ARNm contre le Covid-19
