3 · ÉTUDE
Aspirine et démence : un effet possible chez certains profils génétiques, une hypothèse à vérifier
Mardi 29 septembre 2026 · 5 sources · 14 min de lecture
1 %
de démences sous aspirine (sous-groupe)
3,3 %
sous placebo (même sous-groupe)
4,4 %
d'hémorragies graves (2,1 % sous placebo)
CE QUI S'EST PASSÉ
Des chercheurs de l'université Monash (Australie) ont publié le 24 septembre dans Alzheimer's & Dementia une nouvelle analyse de l'essai ASPREE, qui avait comparé l'aspirine à faible dose à un placebo chez des personnes âgées. L'essai n'avait pas montré d'effet préventif sur la démence pour l'ensemble des participants. L'équipe a cette fois croisé les résultats avec les données génétiques de plus de 13 500 d'entre eux, en testant 1 848 « scores génétiques ». Le signal le plus net concerne des gènes liés au nombre de plaquettes sanguines : chez les 20 % de participants au score le plus élevé, 1 % des personnes sous aspirine ont développé une démence, contre 3,3 % sous placebo. Dans ce même groupe, les hémorragies graves ont été deux fois plus fréquentes sous aspirine (4,4 % contre 2,1 %). Les auteurs qualifient eux-mêmes ces résultats de pistes à valider.
Pourquoi ce résultat reste une hypothèse
- 1Chercher dans des sous-groupes après coup, c'est multiplier les chances de tomber sur un résultat dû au hasard. Avec 1 848 scores testés, quelques « signaux » sont attendus même sans effet réel. Les auteurs ont appliqué une correction statistique stricte pour ce problème, mais seule une nouvelle étude conçue pour ce sous-groupe pourra confirmer.
- 2Un score génétique additionne l'effet de nombreuses petites variations de l'ADN. Il ne s'obtient pas en consultation courante aujourd'hui.
- 3L'aspirine fluidifie le sang : c'est ce qui pourrait expliquer un effet, et c'est aussi ce qui augmente le risque de saignement. Dans ce sous-groupe, l'écart est le même dans les deux sens : environ 2,3 points de pourcentage de démences en moins, et autant d'hémorragies graves en plus.
LES POINTS DE VUE
CE QUE ÇA CHANGE
Pas encore, ni pour les patients ni pour les soignants. C'est une piste de recherche sur une médecine « sur mesure », qui choisirait un traitement préventif selon le profil génétique.
ET APRÈS ?
- 1
Les auteurs demandent que le résultat soit reproduit dans d'autres populations avant toute application
