4 · SANTÉ PUBLIQUE
Après les incendies de Maui, des métaux dans l'organisme des habitants des mois plus tard
Mardi 29 septembre 2026 · 5 sources · 14 min de lecture
1 400
adultes testés 6 à 18 mois après
×40
antimoine vs référence américaine
×2,2
arsenic vs référence américaine
CE QUI S'EST PASSÉ
En août 2023, des incendies ont ravagé l'île de Maui, à Hawaï, et détruit la ville de Lahaina. Une équipe de l'université d'Hawaï a publié le 28 septembre dans la revue PNAS les analyses de 1 400 adultes examinés 6 à 18 mois après la catastrophe : 24 métaux mesurés dans les urines et un test du souffle (spirométrie) lors de la même visite. Par rapport aux valeurs de référence de la population américaine, les concentrations étaient plus élevées pour l'antimoine (environ 40 fois), le manganèse (3,8 fois), le baryum (2,3 fois) et l'arsenic (2,2 fois), avec les niveaux les plus hauts dans les zones les plus touchées. Plus la charge totale en métaux était élevée, plus les tests respiratoires anormaux étaient fréquents. Les chercheurs précisent qu'ils ne disposent pas de mesures d'avant l'incendie pour ces habitants.
Associé ne veut pas dire causé
Quand un feu brûle des maisons, des voitures, de l'électronique et du bois traité, et pas seulement de la forêt, il libère un mélange de substances qui peuvent rester dans les cendres, la poussière et le sol. Mesurer ces substances dans les urines s'appelle la biosurveillance : cela dit ce que le corps a absorbé récemment. L'étude montre une association entre métaux et souffle, mesurés le même jour. Elle ne prouve pas que les métaux ont abîmé les poumons : d'autres facteurs (fumée, tabac, emploi, sources de pollution plus anciennes) peuvent jouer, et sans mesure d'avant l'incendie, on ne sait pas quelle part vient du feu lui-même.
LES POINTS DE VUE
« exposure may not end when the smoke clears »
codirecteur de l'étude, université d'Hawaï · université d'Hawaï
« climate-related disasters affect human health well beyond the immediate injuries and deaths we see during the event itself »
médecin, UCLA, non impliqué dans l'étude · dépêche AP via WSLS
CE QUE ÇA CHANGE
Pour les autorités : selon les auteurs, surveiller seulement la qualité de l'air pendant et juste après un incendie peut sous-estimer l'exposition réelle. Le nettoyage des sols, des débris et des poussières compte aussi.
ET APRÈS ?
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Une subvention de 3,6 millions de dollars sur cinq ans de l'Institut national américain des sciences de la santé environnementale (NIEHS) doit permettre de suivre environ 1 000 habitants et de rechercher les sources de cette pollution
